Monthly Archives: January 2016

How many days?

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Hommage à Michel Tournier

La leçon des ténères

Certaines nuits d’hiver, entre la deuxième et la troisième heure, alors que le soleil, séparé de moi par toute l’épaisseur de la terre, ne m’envoie plus à travers l’empire des ombres que des rayons noirs, je rencontre mes morts. Sur l’aire de lucidité aride créée par l’insomnie, ils forment une foule attentive et sans visage, les camarades tombés de mon enfance, les amis perdus de ma jeunesse, ceux d’avant-hier, ceux d’hier déjà.
Quelle est donc la leçon des ténèbres ? Que me veulent-elles, toutes ces silhouettes grises ? Qu’ont-elles à me souffler, ces bouches pleines de silence ? Il m’a fallu du temps pour le comprendre, pour l’accepter. Aujourd’hui, je le sais. Ils viennent me rappeler mon appartenance à leur communauté. Ils viennent me dire que je suis des leurs, et déjà mort en quelque sorte.
J’avais connu jadis une femme qui avait vécu entourée d’enfants, de petits enfants, de toute une cour familiale et affectueuse. Puis le malheur avait frappé autour d’elle avec un acharnement terrible, ayant toujours la suprême cruauté de l’épargner elle même, mais abattant à ses pieds des petits, des jeunes, tout ce qui était sa raison d’être.
Je craignais de retrouver une épave. C’était tout autre chose, le contraire en un certain sens. Elle souriait à tous, affable, attentionnée, légère, transparente, spirituelle, désincarnée. En vérité elle nous jouait une aimable comédie, mais elle n’était plus là pour personne de ce monde.
J’ai compris en la voyant qu’Ophélie n’a pas été rendue folle et suicide par l’assassinat de son père. Elle s’est simplement enfoncée avec lui dans les eaux lourdes, et seuls émergent encore ses yeux rêveurs et ses lèvres chantantes.
Etre jeune, c’est n’avoir perdu personne encore. Mais ensuite nos morts nous entraînent avec eux, et chacun est un rocher jeté dans notre mémoire qui fait baisser notre ligne de flottaison. A la fin, nous dérivons à fleur d’eau, à fleur d’existence, n’offrant plus aux vivants que juste ce qu’il faut de regards et de paroles pour leur faire croire que nous sommes de ce monde.

In Des Clefs et des Serrures

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Ils viennent me dire que je suis des leurs, et déjà mort en quelque sorte.

Aujourd’hui
Je cherche un beau poème
Un poème qui parle pour moi
Qui parle d’aujourd’hui

Mais pourquoi chercher
Il est là
En moi
Le poème qui dit la joie
De la lumière d’hiver
Et la tristesse
De la mort d’un frère

Frère parce que passionné de photo
Frère parce que touché par le beau
Frère parce qu’avec un stylo
Il a charmé, enrichi, approfondi ma vie.

A bookcase full of life

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Flawed blossom and Mary Oliver

IMG_1892sgsmMARY OLIVER

The Ponds - Mary Oliver

It was no summer progress

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It was no summer progress.
A cold coming they had of it at this time of the year,
just the worst time of the year to take a journey,
and specially a long journey.
The ways deep,
the weather sharp,
the days short,
the sun farthest off (...)

Lancelot Andrewes Works, Sermons, Volume One

SERMON OF THE NATIVITY.
PREACHED UPON CHRISTMAS-DAY, 1622.
before King James, at Whitehall.
Transcribed by Dr Marianne Dorman

1st January

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